Les passeurs du réel

En 2020, sera organisée pour la seconde fois un cycle de de rencontres autour du journalisme vivant les 1 et 2 avril 2020. Le Delta s’animera d’ateliers, de témoignages, de rencontres, d’expositions, et de projections. Le but principal de ces journées sera, au travers de ces échanges, de sensibiliser le public jeune à l’importance d’une information engagée, créative et de qualité.

Dans le monde actuel, dans lequel les réseaux sociaux sont infestés de «fake news» qui vont jusqu’à compromettre nos démocraties, les tirages des journaux s’érodent chaque jour et beaucoup de jeunes s’éloignent des médias. Manipulations, approximations, etc. on le sait, la presse a ces temps-ci parfois une mauvaise image. On lui reproche parfois de ne plus jouer son rôle de quatrième pouvoir.

Or, il nous paraît primordial d’être informés sur les réalités du monde, au travers de témoignages crédibles, de première main. Nous voulons mettre à l’honneur et faire découvrir aux jeunes les travaux de ces « Passeurs du Réel » : journalistes, réalisateurs, photographes…

Nos critères de sélection des intervenants sont le caractère pertinent, si possible inédit, porteur de débat dans le thème développé. Leurs travaux peuvent avoir été réalisés tant en Belgique qu’à l’étranger.

Note : le « journalisme vivant » ou live journalism, repose sur le contact direct et l’oralité, voire la performance : des journalistes montent sur scène, racontent leur travail, décrivent leur relation à leurs sujets. C’est une façon de renouer le lien avec les lecteurs, de provoquer des rencontres, de miser sur le contact humain à l’heure de l’industrialisation des contenus. Les « journaux live » Pop-Up Magazine, aux Etats-Unis, ou Live Magazine, en France, en sont les illustrations les plus notables (Le Monde)

Des acteurs de terrain, journalistes, photojournalistes ou réalisateurs viendront témoigner de leurs travaux, de leurs expériences, avec un focus particulier sur un thème de leur choix. Un animateur les accompagnera sur la scène de la salle «Tambour » du Delta, et assureront la présentation de l’intervenant. Celui-ci prendra la parole pendant une demi-heure. Des images seront projetées simultanément sur grand écran, en arrière-plan des orateurs. Après la présentation, 20 minutes environ seront accordées à un temps d’échanges et de questions/réponses avec le public.

No Women’s Land

Un spectacle chorégraphique sur le combat des femmes dans une guerre qui tue en toute impunité. Une journaliste enquête sur le voyage des femmes migrantes d’Amérique centrale en route vers les Etats-Unis.

Elle découvre le Mexique du féminicide, des cartels de la drogue, des «desaparecidas». Elle décèle une terre sans repères où la vie ne vaut rien, où les femmes sont des proies, des corps. Un monde où la violence est sans début ni fin, absurde et quotidienne.

«Une mise en scène très actuelle, chorégraphiée, elliptique et sensible. On est touchés au cœur.»

« No Women’s Land nous ramène a nous-mêmes, face à nos émotions, nos espoirs, nos colères… Du beau théâtre, en ces temps difficiles »

Premier Prix du Coup de la Presse Festival Avignon Off 2018

LA PRESSE EN PARLE

« Quand la parole ne suffit plus à exorciser le mal, reste quelques pas de danse et le regard des comédiens embués de larmes ».

« Un récit au plus près de la vérité pour donner de la voix à ceux qui n’en ont plus les moyens, les oubliées. »

« Un combat de femmes percutant, réaliste porté jusqu’à nous grâce à une admirable mise en scène. »

Avec Nora Alberdi, Daniel Sieteiglesias, Carole Ventura
Création vidéo et sonore: Kristina Ianatchkova

Avec le soutien de Fédération Wallonie-Bruxelles (CIAS et Egalité des Chances), Réseau en Scène, Spedidam, WBDT.
Et le partenariat de SOS Genre Maison de l’;Amérique Latine, CIP, Amnesty International

Le Mardi 31 Mars à 20h30 au DELTA (salle Tambour)
Réservation via le site www.ledelta.be

Rencontres

ROGER JOB ET GAELLE HENKENS

Mercredi 1er Avril à 13h00

Gaëlle Henkens est diplômée en sciences sociales et en photographie à Saint-Luc, Liège.  C’est dans le secteur de l’aide à la jeunesse, l’aide aux réfugiés et l’aide au logement qu’elle a débuté sa carrière professionnelle. 
Ses voyages en Afrique, Europe de l’est et Asie, mais aussi la confrontation à la grande précarité en Belgique ont fait naître en elle le besoin de raconter, transmettre, documenter les réalités méconnues ou mal connues. 
Entre photojournalisme et photographie documentaire, elle travaille principalement sur des projets à long terme. Elle rêve d’une information qualitative et narrative qui, sortie de l’urgence médiatique, permet de mieux comprendre les bouleversements du monde. 
Elle a publié ses reportages dans plusieurs magazine tels que National Geographic, Le Figaro Magazine, Le Vif, 24h01, Le Soir Mag, La libre Belgique et est co-auteur d’un livre: « Soleil Noir, Camargue le peuple du taureau », paru aux Editions du Chêne, Paris, mai 2019.

En septembre 2019, elle a rejoint Divergence Images qui diffuse ses reportages.

ROGER Job est rédacteur et photographe. Il a obtenu un diplôme en journalisme à l’IHECS où il est actuellement professeur invité. Ses reportages ont été publiés, en Belgique et à l’étranger par des magazines comme Paris Match, le Figaro Magazine, Newsweek, The Independant on Sunday, Geo, Le Monde², La Repubblica ou National Geographic.  Ses photographies ont été diffusées par l’agence Gamma. Son itinéraire photographique l’a longtemps mené aux côtés des victimes de catastrophes et de guerres. Prix Reporters sans frontières en 1992 pour un reportage sur l’exode des réfugiés mozambicains en Afrique du Sud, il a obtenu en 1999 le prix de la Fondation SPES pour son travail sur « Les derniers peuples pasteurs de l’humanité ». Et en 2011, le Nikon Press Award et le Days Japan Jury Award pour son travail sur les pasteurs nomades du Turkana (Kenya). Ce travail a fait l’objet d’une exposition au Musée de la Photographie à Charleroi et à la Maison de la Photographie Robert Doisneau de Paris (Gentilly) (15.000 visiteurs). Il a publié Lettres sans frontières (1994), Congo 2000, Des Hommes et des Chevaux (2004), Turkanas, les premiers derniers hommes (2012) et Marque ou crève (2014) (Avant-Propos), également décliné en une exposition sur la traite des êtres humains dans le football (Nikon Press Award 2013) et Soleil Noir, Camargue, Le peuple du Taureau (2019) (Le Chêne). En 2016, il a obtenu le Prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles et le prix de la presse Belfius pour son travail sur la brigade des Stups de Charleroi.  Roger Job est un brave type, toujours bien coiffé!

Taureaux de Camargue

Gaëlle Henkens & Roger JOB ont publié en 2019 le livre « Soleil Noir Camargue le Peuple du taureau » aux éditions du Chêne (Hachette).  Ils ont mené de bout en bout ce projet durant 4 années en ayant recours à un financement participatif.  

En Camargue, de vieux éleveurs de taureaux luttent pour continuer à vivre avec leurs féroces bovins alors que la modernité (le développement urbain, la sécurité et le tourisme), le dérèglement climatique (élévation du niveau de la Méditerranée, débordement du Rhône, périodes de sécheresse suivies d’excès de pluies) contrarient fortement leurs élevages ancestraux ainsi que leurs traditions souvent confondues avec la tauromachie espagnole.  Ils nous expliqueront cette aventure et ce long parcours avant publication. 


FREDERIC NOY

Mercredi 1er Avril à 14h00

Né en 1965, Frédéric NOY est un photographe français dont la démarche documentaire privilégie la chronique comme mode narratif. Successivement basé en Tanzanie, au Nigeria, au
Soudan, au Tchad et en Ouganda, ses récits photographiques, régulièrement publiés dans la presse française et internationale, s’attardent sur les creux de l’actualité et sur l’existence de populations vulnérables prises dans l’engrenage de conflits ou socialement exclues et stigmatisées. Intrigué par la question du tabou, il a mené pendant plusieurs années, un travail sur les minorités sexuelles de la région des Grands Lacs. Son dernier projet sur le lac Victoria a été récompensé par le Visa d’Or Magazine 2019 et est en finale du World Press Photo 2020 (catégorie Environnement Singles). Représenté par l’agence Panos, il est basé aujourd’hui en
Asie Centrale.

Prix • Prix Visa d’Or Magazine (Perpignan 2019) • 2nd Prix Story Sport (Istanbul Photo 2016) • 3rd Prix Initiés/non initiés (Pride Photo Award 2016), • finaliste CAP Prize 2019 (Contemporary African Photography) • finaliste Visa d’Or Magazine (Perpignan 2016)

Bibliographie • Ekifire, la communauté LGBTI en Afrique de l’Est, éditions les Belles Lettres – 2020 • Avoir 20 ans à Dar Es Salaam monographie, éditions Alternatives – 2001 • Tanzanie, entre tradition & modernité monographie, éditions Syros, expo Paris – 1996 • Madame Butterfly de Frédéric MITTERRAND éditions PLUME, exposition Paris – 1995

L’agonie du Lac Victoria

Le temps où le lac Victoria était plus fort que les humains est révolu. Aujourd’hui, le plus grand lac d’Afrique, pôle écologique et économique agonise imperceptiblement. Le réchauffement climatique affecte la distribution des poissons et le niveau de l’eau et rend les super-tempêtes mortelles annuelles. La sur-pêche, le braconnage accentuent la baisse des captures. La militarisation de la protection des zones de pêche sape le secteur halieutique. Les algues immobilisent les bateaux. L’extraction de sable détruit la topographie. Les villes industrialisées rejettent leurs eaux usées. 50 millions de riverains érodent les zones humides autrefois filtre
naturel.

« Raconter le réel en y consacrant le temps nécessaire pour aller au fond de l’histoire, pour pousser la réflexion, pour trouver un angle différent, particulier, pour relater une situation peu ou pas encore documentée. S’engager dans un projet au long cours et s’y immerger. Cultiver la singularité de sa démarche et de son oeil, lutter contre l’ethno-centrisme qui tend à brider voire à uniformiser notre vision des choses et des êtres.

Penser contre soi, contre sa culture, contre sa société pour rester disponible dans la quête d’un réel étranger. Penser l’esthétique des photographies afin qu’elles transmettent au mieux l’histoire. Osciller entre trois « asymptotes » : les musées et les peintres comme école de photographie, capter les spectateurs par l’émotion, la beauté, l’esthétique pour les inciter à s’interroger, à penser et faire sienne la pensée de Victor Hugo : « la forme est le fond amené à la surface ».


MARLENE RABAUD

Mercredi 1er Avril à 20h00

Pendant ses études de réalisation au Fresnoy, Studio National d’Art Contemporain,  Marlène Rabaud vivait à Tourcoing, dans la rue du Congo. Sujet d’un premier court-métrage qui l’a inspiré à partir à la découverte de ce pays. Le choc de la rencontre va l’éloigner de la fiction et la plonger dans la guerre qui secoue le Congo depuis le milieu des années 90. Elle réalise aux côtés du journaliste Arnaud Zajtman des reportages pour différentes télévisions internationales telles que France 24, la BBC et Al Jazeera avant de se consacrer aux documentaires tournés en immersion, au plus près de personnages en lutte et en résistance contre toute forme d’injustice.

Marlène Rabaud est produite par Esprit Libre Production, sa société de production qu’elle partage avec Arnaud Zajtman.

On leur doit en co-réalisation notamment les films ‘Kafka au Congo’, ‘Meurtre à Kinshasa. Qui a tué Laurent-Désiré Kabila ?’, ‘Adieu l’enfer’ et ‘Caravane Touareg’.

Congo Lucha’ a reçu de nombreux prix dont le Prix spécial du Jury et le Prix du Public au Figra 2019, le Prix du Grand Reportage du FIFDH à Genève et enfin le Prix Albert Londres 2019.

Résistances au Congo

Marlene Rabaud présentera son film

Congo Lucha’, qui a reçu de nombreux prix dont le Prix spécial du Jury et le Prix du Public au Figra 2019, le Prix du Grand Reportage du FIFDH à Genève et enfin le Prix Albert Londres 2019.

Les militants de La Lucha sont nés dans la guerre de l’Est du Congo. Même s’ils font face à une répression toujours plus violente, les jeunes de La Lucha sont déterminés à changer leur pays. Ils refusent la résignation et luttent pacifiquement, par des actions sur le terrain, pour le départ du Président Kabila qui empêche la tenue des élections. C’est un moment-clef de l’histoire tumultueuse du Congo.

« Filmer le réel, c’est tout accepter, le meilleur comme le pire.

De l’évasion d’un prisonnier politique condamné à la perpétuité à la mort d’un mitant activiste. Peut-on s’arrêter de filmer? »

Faire des documentaires, c’est arriver quelque part et trouver des gens qui veulent nous parler. J’ai l’impression de leur rendre service avec ma caméra.

Je les écoute, j’entre petit à petit dans leur intimité, il n’y a aucun doute, c’est une rencontre sensuelle. Il faut aimer leurs mots, leurs mouvements, leur façon de se retenir puis continuer à se livrer. Parce que je suis la seule à rester auprès d’eux. Et au final, il n’y a rien de mieux que de se sentir écouté.

Filmer, c’est une rencontre, c’est consacrer du temps à l’autre, à la limite du sacrifice. J’ai besoin d’eux comme ils ont besoin de moi.

Ce lien nous unit et nous donne la force d’avancer ensemble.

En agissant de la sorte, j’ai forcément affaire à des bonheurs mais aussi à des tragédies.

Et l’émotion est puissante à être aux premières loges des événements majeurs qui bouleversent la vie de mes personnages, je dirais plutôt de mes amis. Parce que je ne peux pas filmer des gens que je n’aime pas. Je ressens de l’amour, de l’admiration, un attachement irrésistible qui m’empêche de partir. 

D’ailleurs, je ne pars jamais, c’est eux qui partent et me laissent avec un pan de leur histoire.

Marlene Rabaud.


ALAIN LALLEMAND

Mercredi 1er Avril à 21h00

Alain Lallemand est un journaliste belge né le  à Liège. Il est membre de la rédaction du journal belge francophone Le Soir, où il a successivement été journaliste judiciaire, grand reporter, correspondant de guerre et journaliste d’investigation. Maître de conférences à l’Université catholique de Louvain (UCLouvain), il y a enseigné le journalisme d’enquête et le  journalisme narratif (en)   Il est l’auteur de plusieurs livres d’enquêtes,récits et romans. Il se consacre aujourd’hui à la culture et à l’écriture de romans.

Faut-il croire les Leaks ?

Depuis 2006, via des plateformes comme WikiLeaks, puis massivement à partir de 2013 via des collectifs de journalistes, les « Leaks » dévoilent des pans du réel qui échappaient au journalisme « de terrain » : inégalités fiscales, compromissions politiques, marchandisation outrancière du médical, criminalisation du sport. 

S’il a brutalement élargi le champ des investigations et l’exploration d’un monde de transparence dont les coulisses sont devenues plus secrètes, il connait deux limitations importantes. Primo, à la fois mobilisés puis écrasés par les documents récoltés en masse, les journalistes ont la tentation de s’abstraire du terrain, de lui enlever sa chair. Parfaitement efficaces d’un point de vue politique et juridique, les documents ne peuvent dispenser d’interroger la réalité de terrain. Je propose de l’expliquer concrètement par les révélations liées à l’Est du Congo sous Kabila, où le terrain révèle la signification réelle des documents.

Seconde limitation : dans des pays moyens comme la Belgique, dont les médias ont des capacités intéressantes mais limitées, il est tentant de vérifier les documents mais pas l’intégrité globale de la fuite. Or nous sommes désormais la cible d’intoxications sophistiquées, cfr. les « cartons suisses » reçus en 2017 par Mediapart. Comment, au niveau d’une rédaction nationale ou régionale, se donner la capacité de vérifier soi-même l’intégrité d’une fuite, comment s’assurer que les révélations qu’elle contient n’ont pas été frelatées ou retranchées ?


JEHANNE BERGE

Jeudi 2 Avril à 13h00

Jehanne Bergé, 31 ans, a étudié la communication et l’Animation Socio-Culturelle à l’Ihecs. Après la création d’un projet événementiel à succès, elle part au Québec découvrir le Conte. Ensuite, direction le Liban pendant deux ans, où elle récolte des histoires et se lance comme journaliste freelance. De son dernier périple de Bruxelles à Téhéran, elle ressort bouleversée. Elle cherche un moyen de partager les récits de cette jeunesse rencontrée sur les routes. 2019, Bruxelles, elle collabore avec différentes rédactions (Grenades, Moustique, Medor…). Elle se forme à l’art de l’oralité. En 2020, Jehanne décide de se lancer dans ce qui l’anime le plus : raconter le réel. Du journalisme intime et vivant. Au programme: le Liban, l’Argentine, l’Iran. Et partout, les identités multiples.

Spectacle du réel

Jehanne Bergé présentera une partie de son « spectacle » du réel qui évolue au fil de l’actualité. Elle expliquera sa démarche et les pouvoirs de l’oralité pour créer du lien et partager des émotions collectives. A travers les histoires personnelles, accéder à l’universel, tel est son objectif et c’est ce qu’elle va essayer de nous expliquer.


ADRIENNE SURPRENANT

Jeudi 2 Avril à 14h00

Adrienne Surprenant est une photographe indépendante, membre du Collectif Item et de Women Photograph. Du Nicaragua, en passant par le Liban, la Somalie et la Centrafrique, son travail traite de l‘intersection entre les problématiques sociales et environnementales. Son premier reportage En attendant le Canal au Nicaragua a été exposé à Visa pour l’image 2015. Ses reportages ont été publiés dans des médias canadiens et internationaux tels que Time, Le Monde Diplomatique, Al Jazeera, Le Devoir & El Pais Semanal. 

Documenter l’intersection de problématiques environnementales et sociales

Du Nicaragua à la République Centrafricaine

« En attendant le canal au Nicaragua » est une documentation des modes de vie et écosystèmes menacés par un mégaprojet de construction. Paysans, pêcheurs et citadins se sont posés en défenseurs de l’environnement. Des années plus tard, les feux dans la réserve naturelle Indio Maiz contribuaient à déclencher au Nicaragua un mouvement social qui a laissé des centaines de morts et de blessés. En République Centrafricaine, d’intenses inondations causées par le Dipôle de l’Océan Indien sont venus ravager une fois de plus les habitations et terrains de populations rendues vulnérables par un conflit qui, commencé en 2013, traîne en longueur. Environnement et crise sociale sont intrinsèquement liés, comment photographier ce lien pour informer ?


FREDERIC LOORE

Jeudi 2 Avril à 20h00

Journaliste indépendant et collaborateur régulier de Paris Match (Belgique et France) depuis 2001, en charge des grands reportages et des enquêtes.

Je collabore également à La Libre Belgique et à Wilfried. Mes articles ont par ailleurs été diffusés dans de nombreux journaux et magazines belges et français.

Co-fondateur du blog « Le meilleur des mondes.be », je poursuis un long travail d’enquête et de réflexion sur différentes thématiques liées aux phénomènes du trafic et de la traite des êtres humains.

J’ai publié les ouvrages suivants : « Uranium appauvri. La guerre invisible » (Robert Laffont, 2001) ; « Belgique en sous-sol. Immigration, traite et crime organisé » (Racine, 2007) ; « Derniers de cordée » (Aplanos, 2012) ; « Marque ou crève » (Avant-Propos, 2014).

Six fois boursier du Fonds pour le Journalisme en Belgique francophone, je suis lauréat du Prix de Journalisme du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2019 et du Prix de la presse Belfius 2018 pour un long format numérique consacré au trafic de transmigrants sur les autoroutes de Belgique et du nord de la France. J’ai également été récompensé par le Prix de journalisme 2013 du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour mon reportage en Côte d’Ivoire sur les « damnés du foot africain ». Enfin, je suis lauréat du Prix international de journalisme Lorenzo Natali 2011, décerné par la Commission européenne pour mon enquête sur le trafic d’enfants entre la Roumanie et la Belgique.

En 2015, j’ai obtenu une bourse du Fonds européen pour le journalisme dans le cadre d’une enquête internationale sur le trafic de migrants en Méditerranée. Je suis formateur en journalisme de temps long et d’investigation à l’Ihecs (Institut des Hautes Études des Communications Sociales – Bruxelles) et à l’Ihecs Academy.

Migrants : L’ autoroute du trafic

« Elle s’appelait Mawda, elle avait 2 ans. Née en Allemagne de parents kurdes qui fuyaient l’Irak, elle n’aura connu que l’errance. Une nuit du mois de mai dernier, elle a perdu la vie sur l’autoroute E42 entre Namur et Mons, au terme d’une course-poursuite entre des patrouilleurs de la police fédérale de la route et le passeur qui conduisait la camionnette dans laquelle s’entassaient une trentaine de migrants. Une balle perdue et son chemin d’exil s’est arrêté net… »

En 2015, j’ai obtenu une bourse du Fonds européen pour le journalisme dans le cadre d’une enquête internationale sur le trafic de migrants en Méditerranée. C’est cette enquête de longue durée que je présenterai.


ERIC WALRAVENS

Jeudi 2 Avril à 21h00

Longtemps correspondent politique européen pour l’agence Belga, Eric Walravens s’est spécialisé dans les questions fiscales et financières. En 2014, il publie « Dumping fiscal. Enquête sur un chantage qui ruine nos Etats ». L’enquête démonte les rouages de la concurrence fiscale européenne et les mécanismes qui permettent aux entreprises de réduire à néant leur contribution à l’impôt. Il a rejoint le CNCD-11.11.11, coupole des ONG belges, active notamment sur les questions de Justice fiscale, tout en poursuivant une activité de journaliste indépendant.

Pour Médor, il a publié des enquêtes sur le projet de stade national de football, sur le bourgmestre controversé Emir Kir ou sur les filières nigérianes d’exploitation sexuelle en Europe. Il travaille aussi sur les thématiques sociales.

Il est le lauréat du prix du Conseil fédéral du développement durable pour un article sur l’ubérisation en 2015. Depuis 2020, il est également professeur invité à l’IHECS, où il donne un cours de journalisme d’investigation dans le cadre d’un master international.

Le dumping fiscal

La fiscalité internationale, un thème ardu ? Un peu technique, peut-être, mais surtout essentiel si on veut comprendre les mécanismes qui conduisent aujourd’hui à définancer les services publics. La concurrence fiscale entre les Etats les conduit à offrir des rabais fiscaux toujours plus généreux aux entreprises multinationales, dans une course à l’emploi qui ressemble parfois à un chantage. La Belgique, aussi, participe à cette compétition délétère, sans se l’avouer. Pourtant, des solutions politiques sont à portée de main.