Rencontres

ROGER JOB ET GAELLE HENKENS

Mercredi 28 octobre à 13h00

Gaëlle Henkens est diplômée en sciences sociales et en photographie à Saint-Luc, Liège.  C’est dans le secteur de l’aide à la jeunesse, l’aide aux réfugiés et l’aide au logement qu’elle a débuté sa carrière professionnelle. 
Ses voyages en Afrique, Europe de l’est et Asie, mais aussi la confrontation à la grande précarité en Belgique ont fait naître en elle le besoin de raconter, transmettre, documenter les réalités méconnues ou mal connues. 
Entre photojournalisme et photographie documentaire, elle travaille principalement sur des projets à long terme. Elle rêve d’une information qualitative et narrative qui, sortie de l’urgence médiatique, permet de mieux comprendre les bouleversements du monde. 
Elle a publié ses reportages dans plusieurs magazine tels que National Geographic, Le Figaro Magazine, Le Vif, 24h01, Le Soir Mag, La libre Belgique et est co-auteur d’un livre: « Soleil Noir, Camargue le peuple du taureau », paru aux Editions du Chêne, Paris, mai 2019.

En septembre 2019, elle a rejoint Divergence Images qui diffuse ses reportages.

ROGER Job est rédacteur et photographe. Il a obtenu un diplôme en journalisme à l’IHECS où il est actuellement professeur invité. Ses reportages ont été publiés, en Belgique et à l’étranger par des magazines comme Paris Match, le Figaro Magazine, Newsweek, The Independant on Sunday, Geo, Le Monde², La Repubblica ou National Geographic.  Ses photographies ont été diffusées par l’agence Gamma. Son itinéraire photographique l’a longtemps mené aux côtés des victimes de catastrophes et de guerres. Prix Reporters sans frontières en 1992 pour un reportage sur l’exode des réfugiés mozambicains en Afrique du Sud, il a obtenu en 1999 le prix de la Fondation SPES pour son travail sur « Les derniers peuples pasteurs de l’humanité ». Et en 2011, le Nikon Press Award et le Days Japan Jury Award pour son travail sur les pasteurs nomades du Turkana (Kenya). Ce travail a fait l’objet d’une exposition au Musée de la Photographie à Charleroi et à la Maison de la Photographie Robert Doisneau de Paris (Gentilly) (15.000 visiteurs). Il a publié Lettres sans frontières (1994), Congo 2000, Des Hommes et des Chevaux (2004), Turkanas, les premiers derniers hommes (2012) et Marque ou crève (2014) (Avant-Propos), également décliné en une exposition sur la traite des êtres humains dans le football (Nikon Press Award 2013) et Soleil Noir, Camargue, Le peuple du Taureau (2019) (Le Chêne). En 2016, il a obtenu le Prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles et le prix de la presse Belfius pour son travail sur la brigade des Stups de Charleroi.  Roger Job est un brave type, toujours bien coiffé!

Taureaux de Camargue

Gaëlle Henkens & Roger JOB ont publié en 2019 le livre « Soleil Noir Camargue le Peuple du taureau » aux éditions du Chêne (Hachette).  Ils ont mené de bout en bout ce projet durant 4 années en ayant recours à un financement participatif.  

En Camargue, de vieux éleveurs de taureaux luttent pour continuer à vivre avec leurs féroces bovins alors que la modernité (le développement urbain, la sécurité et le tourisme), le dérèglement climatique (élévation du niveau de la Méditerranée, débordement du Rhône, périodes de sécheresse suivies d’excès de pluies) contrarient fortement leurs élevages ancestraux ainsi que leurs traditions souvent confondues avec la tauromachie espagnole.  Ils nous expliqueront cette aventure et ce long parcours avant publication. 


MARLENE RABAUD

Mercredi 28 octobre à 14h00

Pendant ses études de réalisation au Fresnoy, Studio National d’Art Contemporain,  Marlène Rabaud vivait à Tourcoing, dans la rue du Congo. Sujet d’un premier court-métrage qui l’a inspiré à partir à la découverte de ce pays. Le choc de la rencontre va l’éloigner de la fiction et la plonger dans la guerre qui secoue le Congo depuis le milieu des années 90. Elle réalise aux côtés du journaliste Arnaud Zajtman des reportages pour différentes télévisions internationales telles que France 24, la BBC et Al Jazeera avant de se consacrer aux documentaires tournés en immersion, au plus près de personnages en lutte et en résistance contre toute forme d’injustice.

Marlène Rabaud est produite par Esprit Libre Production, sa société de production qu’elle partage avec Arnaud Zajtman.

On leur doit en co-réalisation notamment les films ‘Kafka au Congo’, ‘Meurtre à Kinshasa. Qui a tué Laurent-Désiré Kabila ?’, ‘Adieu l’enfer’ et ‘Caravane Touareg’.

Congo Lucha’ a reçu de nombreux prix dont le Prix spécial du Jury et le Prix du Public au Figra 2019, le Prix du Grand Reportage du FIFDH à Genève et enfin le Prix Albert Londres 2019.

Résistances au Congo

Marlene Rabaud présentera son film

Congo Lucha’, qui a reçu de nombreux prix dont le Prix spécial du Jury et le Prix du Public au Figra 2019, le Prix du Grand Reportage du FIFDH à Genève et enfin le Prix Albert Londres 2019.

Les militants de La Lucha sont nés dans la guerre de l’Est du Congo. Même s’ils font face à une répression toujours plus violente, les jeunes de La Lucha sont déterminés à changer leur pays. Ils refusent la résignation et luttent pacifiquement, par des actions sur le terrain, pour le départ du Président Kabila qui empêche la tenue des élections. C’est un moment-clef de l’histoire tumultueuse du Congo.

« Filmer le réel, c’est tout accepter, le meilleur comme le pire.

De l’évasion d’un prisonnier politique condamné à la perpétuité à la mort d’un mitant activiste. Peut-on s’arrêter de filmer? »

Faire des documentaires, c’est arriver quelque part et trouver des gens qui veulent nous parler. J’ai l’impression de leur rendre service avec ma caméra.

Je les écoute, j’entre petit à petit dans leur intimité, il n’y a aucun doute, c’est une rencontre sensuelle. Il faut aimer leurs mots, leurs mouvements, leur façon de se retenir puis continuer à se livrer. Parce que je suis la seule à rester auprès d’eux. Et au final, il n’y a rien de mieux que de se sentir écouté.

Filmer, c’est une rencontre, c’est consacrer du temps à l’autre, à la limite du sacrifice. J’ai besoin d’eux comme ils ont besoin de moi.

Ce lien nous unit et nous donne la force d’avancer ensemble.

En agissant de la sorte, j’ai forcément affaire à des bonheurs mais aussi à des tragédies.

Et l’émotion est puissante à être aux premières loges des événements majeurs qui bouleversent la vie de mes personnages, je dirais plutôt de mes amis. Parce que je ne peux pas filmer des gens que je n’aime pas. Je ressens de l’amour, de l’admiration, un attachement irrésistible qui m’empêche de partir. 

D’ailleurs, je ne pars jamais, c’est eux qui partent et me laissent avec un pan de leur histoire.

Marlene Rabaud.


PAUL SOBOL

Mercredi 28 octobre à 20h00

En 2020, cela fait 75 ans que les camps d’ Auschwitz ont été libérés par les troupes soviétiques. Le Belge Paul Sobol, l’un des derniers survivants, a rédigé un livre racontant son histoire:  » Je me souviens d’Auschwitz »

« J’étais le tatoué B 3635 à Auschwitz, cette usine à morts »

Le témoignage de Paul Sobol, âgé de 93 ans, est à la fois émouvant et glaçant. Il permet de mieux saisir comment quelques déportés ont survécu à cette usine à tuer les humains et broyer les âmes. En plus de la force physique, cet enfer requiert notamment une exceptionnelle capacité de décryptage des situations. Puis, il y a cette force intérieure que le jeune Paul a puisé dans une photo cachée dans sa main. Elle représentait Nelly, l’amour de sa vie, qu’il épousera après sa libération et après s’être converti au christianisme.

ERIC WALRAVENS

Mercredi 28 octobre à 21h00

Longtemps correspondent politique européen pour l’agence Belga, Eric Walravens s’est spécialisé dans les questions fiscales et financières. En 2014, il publie « Dumping fiscal. Enquête sur un chantage qui ruine nos Etats ». L’enquête démonte les rouages de la concurrence fiscale européenne et les mécanismes qui permettent aux entreprises de réduire à néant leur contribution à l’impôt. Il a rejoint le CNCD-11.11.11, coupole des ONG belges, active notamment sur les questions de Justice fiscale, tout en poursuivant une activité de journaliste indépendant.

Pour Médor, il a publié des enquêtes sur le projet de stade national de football, sur le bourgmestre controversé Emir Kir ou sur les filières nigérianes d’exploitation sexuelle en Europe. Il travaille aussi sur les thématiques sociales.

Il est le lauréat du prix du Conseil fédéral du développement durable pour un article sur l’ubérisation en 2015. Depuis 2020, il est également professeur invité à l’IHECS, où il donne un cours de journalisme d’investigation dans le cadre d’un master international.

Le dumping fiscal

La fiscalité internationale, un thème ardu ? Un peu technique, peut-être, mais surtout essentiel si on veut comprendre les mécanismes qui conduisent aujourd’hui à définancer les services publics. La concurrence fiscale entre les Etats les conduit à offrir des rabais fiscaux toujours plus généreux aux entreprises multinationales, dans une course à l’emploi qui ressemble parfois à un chantage. La Belgique, aussi, participe à cette compétition délétère, sans se l’avouer. Pourtant, des solutions politiques sont à portée de main.


JEHANNE BERGE

Jeudi 29 octobre à 13h00

Jehanne Bergé, 31 ans, a étudié la communication et l’Animation Socio-Culturelle à l’Ihecs. Après la création d’un projet événementiel à succès, elle part au Québec découvrir le Conte. Ensuite, direction le Liban pendant deux ans, où elle récolte des histoires et se lance comme journaliste freelance. De son dernier périple de Bruxelles à Téhéran, elle ressort bouleversée. Elle cherche un moyen de partager les récits de cette jeunesse rencontrée sur les routes. 2019, Bruxelles, elle collabore avec différentes rédactions (Grenades, Moustique, Medor…). Elle se forme à l’art de l’oralité. En 2020, Jehanne décide de se lancer dans ce qui l’anime le plus : raconter le réel. Du journalisme intime et vivant. Au programme: le Liban, l’Argentine, l’Iran. Et partout, les identités multiples.

Spectacle du réel

Jehanne Bergé présentera une partie de son « spectacle » du réel qui évolue au fil de l’actualité. Elle expliquera sa démarche et les pouvoirs de l’oralité pour créer du lien et partager des émotions collectives. A travers les histoires personnelles, accéder à l’universel, tel est son objectif et c’est ce qu’elle va essayer de nous expliquer.


ADRIENNE SURPRENANT

Jeudi 29 octobre à 14h00

Adrienne Surprenant est une photographe indépendante, membre du Collectif Item et de Women Photograph. Du Nicaragua, en passant par le Liban, la Somalie et la Centrafrique, son travail traite de l‘intersection entre les problématiques sociales et environnementales. Son premier reportage En attendant le Canal au Nicaragua a été exposé à Visa pour l’image 2015. Ses reportages ont été publiés dans des médias canadiens et internationaux tels que Time, Le Monde Diplomatique, Al Jazeera, Le Devoir & El Pais Semanal. 

Documenter l’intersection de problématiques environnementales et sociales

Du Nicaragua à la République Centrafricaine

« En attendant le canal au Nicaragua » est une documentation des modes de vie et écosystèmes menacés par un mégaprojet de construction. Paysans, pêcheurs et citadins se sont posés en défenseurs de l’environnement. Des années plus tard, les feux dans la réserve naturelle Indio Maiz contribuaient à déclencher au Nicaragua un mouvement social qui a laissé des centaines de morts et de blessés. En République Centrafricaine, d’intenses inondations causées par le Dipôle de l’Océan Indien sont venus ravager une fois de plus les habitations et terrains de populations rendues vulnérables par un conflit qui, commencé en 2013, traîne en longueur. Environnement et crise sociale sont intrinsèquement liés, comment photographier ce lien pour informer ?


FREDERIC LOORE

Jeudi 29 octobre à 20h00

Journaliste indépendant et collaborateur régulier de Paris Match (Belgique et France) depuis 2001, en charge des grands reportages et des enquêtes.

Je collabore également à La Libre Belgique et à Wilfried. Mes articles ont par ailleurs été diffusés dans de nombreux journaux et magazines belges et français.

Co-fondateur du blog « Le meilleur des mondes.be », je poursuis un long travail d’enquête et de réflexion sur différentes thématiques liées aux phénomènes du trafic et de la traite des êtres humains.

J’ai publié les ouvrages suivants : « Uranium appauvri. La guerre invisible » (Robert Laffont, 2001) ; « Belgique en sous-sol. Immigration, traite et crime organisé » (Racine, 2007) ; « Derniers de cordée » (Aplanos, 2012) ; « Marque ou crève » (Avant-Propos, 2014).

Six fois boursier du Fonds pour le Journalisme en Belgique francophone, je suis lauréat du Prix de Journalisme du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2019 et du Prix de la presse Belfius 2018 pour un long format numérique consacré au trafic de transmigrants sur les autoroutes de Belgique et du nord de la France. J’ai également été récompensé par le Prix de journalisme 2013 du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour mon reportage en Côte d’Ivoire sur les « damnés du foot africain ». Enfin, je suis lauréat du Prix international de journalisme Lorenzo Natali 2011, décerné par la Commission européenne pour mon enquête sur le trafic d’enfants entre la Roumanie et la Belgique.

En 2015, j’ai obtenu une bourse du Fonds européen pour le journalisme dans le cadre d’une enquête internationale sur le trafic de migrants en Méditerranée. Je suis formateur en journalisme de temps long et d’investigation à l’Ihecs (Institut des Hautes Études des Communications Sociales – Bruxelles) et à l’Ihecs Academy.

Migrants : L’ autoroute du trafic

« Elle s’appelait Mawda, elle avait 2 ans. Née en Allemagne de parents kurdes qui fuyaient l’Irak, elle n’aura connu que l’errance. Une nuit du mois de mai dernier, elle a perdu la vie sur l’autoroute E42 entre Namur et Mons, au terme d’une course-poursuite entre des patrouilleurs de la police fédérale de la route et le passeur qui conduisait la camionnette dans laquelle s’entassaient une trentaine de migrants. Une balle perdue et son chemin d’exil s’est arrêté net… »

En 2015, j’ai obtenu une bourse du Fonds européen pour le journalisme dans le cadre d’une enquête internationale sur le trafic de migrants en Méditerranée. C’est cette enquête de longue durée que je présenterai.


SILVAIN GIRE

Jeudi 29 octobre à 21h00

Silvain Gire est producteur et réalisateur. En 1994, il devient rédacteur en chef d’Arte Magazine, le bulletin des programmes de la chaîne de télévision Arte1.

En 2002, à l’initiative du président d’Arte France Silvain Gire est désigné pour imaginer et diriger la webradio d’Arte, Arte radio, un projet alors inédit en France, et considéré comme pionnier dans l’histoire du podcast  puisqu’il propose dès avril 2002 des créations audio sans format et à télécharger librement sur le web.

Silvain Gire va nous faire voyager dans les créations audio de Arte Radio! Tendez les oreilles…